Nouvelles de la campagne
Bienvenu à la quatrième édition du Chat de l’Année de la chauve-souris (YOB), le premier en 2012, réalisé par le PNUE/CMS dans l'anglais, l'espagnol et le français. La seconde année de la campagne a pour objectif d’atteindre davantage de personnes et de s’ancrer plus fermement dans d’autres parties du monde afin de stimuler la conservation des chauves-souris dans ces régions. En 2012, la CMS se servira de son vaste réseau mondial afin de construire une base solide pour la conservation des chauves-souris à l’avenir.
Nouveau concept régional
Les éditions du Chat YoB de cette année cibleront à chaque fois une région particulière du monde et chaque édition soulignera l’importance des chauves-souris dans les services rendus aux écosystèmes, ainsi que les difficultés que doivent surmonter ces animaux. Le quatrième Chat de l’Année de la chauve-souris met l’accent sur le statut de ces animaux en Amérique. Trois articles reflètent différents angles d’approche sur la sensibilisation des populations à l’égard des chauves-souris, de l’Amérique du Nord à l’Amérique du Sud. Découvrez comment l’image des chauves-souris change au cours de leur voyage et à travers les nombreux pays qu’elles visitent chaque année.
Une touche personnelle
Afin d’encourager davantage de personnes à l’aide aux chauves-souris, partagez avec nous votre histoire unique avec ces animaux. Nous souhaiterions publier les expériences personnelles de nos lecteurs avec les chauves-souris dans la région que nous ciblons, que ce soit un évènement auquel vous avez participé, une chauve-souris que vous avez sauvé ou la visite d’une grotte de chauves-souris. Envoyez votre texte de 100 mots maximum à yearofthebat@cms.int. La prochaine région sera Asie/Pacifique. Nous avons hâte de recevoir vos histoires !
Les chauves-souris : des alliés essentiels en Amérique Latine
Les chauves-souris : des alliés essentiels en Amérique Latine
L’un des animaux les moins connus de la planète est peut-être également l’un des plus menacés : la chauve-souris. Pourtant, c’est l’un des animaux les plus importants pour maintenir la vie dans les écosystèmes. Des préjugés sur ce que sont et ne sont pas les chauves-souris ont entraîné une propagande négative et l’extermination de ces dernières, réduisant drastiquement leurs populations jusqu’à la limite de l’extinction.
Les chauves-souris ne sont peut-être pas aussi charismatiques que les pandas, les dauphins ou les primates, mais elles sont tout aussi importantes. Au cours de l’Année de la chauve-souris, toutes les institutions locales et régionales s’efforcent de véhiculer le bon message : les chauves-souris, contrairement à ce qu’affirment certains mythes et légendes, ne sont pas aveugles ; ce ne sont ni des souris avec des ailes, ni des insectes, ni des oiseaux. Ce sont des mammifères volants. Et, comme toute autre espèce, les chauves-souris peuvent occasionnellement être porteuses de maladies, mais les chances de rencontrer une chauve-souris malade dans la nature sont très minces. Les chauves-souris ne s’enchevêtrent certainement PAS dans les cheveux des personnes (grâce à leur système de radar, elles peuvent détecter n’importe quel objet et éviter les collisions).
Vous pouvez trouver de plus amples renseignements sur le site Internet du Réseau latino-américain pour la conservation des chauves-souris : http://www.relcomlatinoamerica.net/
Auteur : Dr. Luis F. Aguirre
Chercheur, Centre pour la biodiversité et la génétique, Université de San Simon
Coordinateur du Programme pour la conservation des chauves-souris en Bolivie (PCMB)
Coordinateur du Réseau latino-américain pour la conservation des chauves-souris (RELCOM)
Célébration des chauves-souris au Mexique
Célébration des chauves-souris au Mexique
Les chauves-souris vivent dans tous les continents et écosystèmes du monde, à l’exception des pôles. Elles se nourrissent de toutes sortes de nourriture disponible dans leur écosystème. Les trois quarts des espèces se nourrissent d’insectes. Ainsi, les chauves-souris sont les alliées des hommes car elles aident à lutter contre les moustiques et autres parasites qui affectent l’agriculture. Plus de 30 millions de molosses du Brésil vivent dans les États frontaliers du nord du Mexique, chaque million tuant 10 tonnes d’insectes par nuit.
Sans ces populations de chauves-souris, les cultures seraient gravement endommagées. Les agriculteurs mexicains bénéficient tous de ce contrôle biologique. S’ils n’étaient pas consommés par les chauves-souris, ces insectes s’attaqueraient aux cultures de maïs, de coton, de haricots, de tomates, de soja et de piment rouge. À Campeche, une grotte connue sous le nom d’el Volcán (le volcan) abrite des centaines de milliers de chauves-souris insectivores qui en émergent comme la lave lors d’une éruption.
Les insecticides ne peuvent pas être considérés comme une réelle alternative aux chauves-souris car les insectes deviennent plus résistants à chaque utilisation de produits agrochimiques. En outre, ces substances contaminent l’environnement et les produits agricoles et peuvent même être dangereux pour la santé.
Le rôle des chauves-souris est vital afin de maintenir l’équilibre des écosystèmes dont nous dépendons. Les chauves-souris offrent également des bénéfices directs qui améliorent notre qualité de vie quotidienne. Une étude menée par l’Ambassadeur de l’Année de la chauve-souris, Rodrigo A. Medellín, professeur à l’Institut d’écologie de l’Université Nationale Autonome du Mexique (UNAM), et son équipe, montrent que les chauves-souris favorisent la régénération des forêts au Mexique en répandant des graines de plantes pionnières, qui initient le processus de rétablissement après une déforestation.
Une semaine de la chauve-souris et des pollinisateurs s’est tenue du 13 au 16 février à l’École des sciences de l’UNAM. Elle a attiré près de 50 visiteurs qui ont participé activement à l’évènement et environ 500 qui se sont arrêtés pour lire des informations sur les chauves-souris. L’objectif de l’évènement était de sensibiliser le public à l’importance des chauves-souris et des pollinisateurs pour notre survie. Comme c’est l’Année de la chauve-souris, l’équipe de l’UNAM a tout particulièrement tenu a informer les gens sur les chauves-souris. La semaine de la chauve-souris et des pollinisateurs était structurée autour de trois types d’activités :
Le syndrome du museau blanc menace des décennies de conservation de chauves-souris en Amérique du Nord
Le syndrome du museau blanc menace des décennies de conservation de chauves-souris en Amérique du Nord
Les chauves-souris en hibernant en Amérique du Nord n’ont jamais fait face à une menace aussi importante que le syndrome du museau blanc. Pendant des décennies, les écologistes se sont efforcés de protéger les colonies de chauves-souris des perturbations, de la destruction de leurs habitats, du vandalisme et de la pollution. Les grottes d’hibernation et de maternité cruciales ont été clôturées afin de restreindre l’accès humain ; davantage d’arbres morts sont préservés dans les forêts exploitées afin qu’il y ait plus de perchoirs l’été ; les agriculteurs et les propriétaires réduisent l’utilisation de pesticides et installent des boîtes à chauves-souris pour les attirer et mener ainsi une lutte antiparasitaire naturelle ; et les bénéfices des chauves-souris sont régulièrement présentés dans les écoles à travers le continent. Ces efforts commencent à payer : le statut des populations de chauves-souris de l’Indiana et de chauves-souris grises, longtemps menacées d’extinction, s’est tellement amélioré qu’un déclassement a été évoqué. La conservation des chauves-souris en Amérique du Nord allait dans la bonne direction, jusqu’à l’arrivée du syndrome du museau blanc (SMB) en 2006.
Les chauves-souris en hibernant en Amérique du Nord n’ont jamais fait face à une menace aussi importante que le syndrome du museau blanc. Pendant des décennies, les écologistes se sont efforcés de protéger les colonies de chauves-souris des perturbations, de la destruction de leurs habitats, du vandalisme et de la pollution. Les grottes d’hibernation et de maternité cruciales ont été clôturées afin de restreindre l’accès humain ; davantage d’arbres morts sont préservés dans les forêts exploitées afin qu’il y ait plus de perchoirs l’été ; les agriculteurs et les propriétaires réduisent l’utilisation de pesticides et installent des boîtes à chauves-souris pour les attirer et mener ainsi une lutte antiparasitaire naturelle ; et les bénéfices des chauves-souris sont régulièrement présentés dans les écoles à travers le continent. Ces efforts commencent à payer : le statut des populations de chauves-souris de l’Indiana et de chauves-souris grises, longtemps menacées d’extinction, s’est tellement amélioré qu’un déclassement a été évoqué. La conservation des chauves-souris en Amérique du Nord allait dans la bonne direction, jusqu’à l’arrivée du syndrome du museau blanc (SMB) en 2006.
Pendant ce temps-là, le secteur de l’agriculture bénéficie d’importants avantages économiques grâce aux chauves-souris insectivores. Une étude récente a conclu que, grâce aux chauves-souris, les agriculteurs américains économisaient plus de 3,7 milliards de dollars par an du fait de la réduction des dommages causés par les insectes et de leurs besoins réduits en pesticides. Au rythme actuel ahurissant, la perte des populations de chauves-souris aura très certainement de forts impacts à la fois économiques et écologiques en Amérique du Nord. La plupart des espèces touchées par le SMB ont un taux de reproduction lent, généralement seulement un bébé par an. Ces populations ne retrouveront sûrement pas leur niveau d’avant le SMB de notre vivant, voire jamais. Nous espérons ralentir la propagation de cette maladie et aider les chauves-souris à y survivre en poursuivant les options de traitements et de contrôle, ainsi qu’en protégeant les colonies et habitats existants d’autres menaces.
Le syndrome du museau blanc représente un grand danger mais est loin d’être la seule difficulté de conservation à laquelle les chauves-souris sont confrontées dans le monde entier. J’encourage tout le monde à trouver et mener au moins une action en faveur des chauves-souris cette année. Faisons de cette Année de la chauve-souris un succès à la fois pour les chauves-souris d’Amérique du Nord qui font face au SMB et pour les autres en danger de par le monde.
Retrouvez les dernières informations et cartes sur le SMB sur le site www.batcon.org
Mylea Bayless, Directrice des programmes de conservation, Bat Conservation International
Lecture recommandée
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