Nouvelles de la campagne 
 
Bienvenu à la quatrième édition du Chat de l’Année de la chauve-souris (YOB), le premier en 2012, réalisé par le PNUE/CMS dans l'anglais, l'espagnol et le français. La seconde année de la campagne a pour objectif d’atteindre davantage de personnes et de s’ancrer plus fermement dans d’autres parties du monde afin de stimuler la conservation des chauves-souris dans ces régions. En 2012, la CMS se servira de son vaste réseau mondial afin de construire une base solide pour la conservation des chauves-souris à l’avenir. 
 
Nouveau concept régional 
Les éditions du Chat YoB de cette année cibleront à chaque fois une région particulière du monde et chaque édition soulignera l’importance des chauves-souris dans les services rendus aux écosystèmes, ainsi que les difficultés que doivent surmonter ces animaux. Le quatrième Chat de l’Année de la chauve-souris met l’accent sur le statut de ces animaux en Amérique. Trois articles reflètent différents angles d’approche sur la sensibilisation des populations à l’égard des chauves-souris, de l’Amérique du Nord à l’Amérique du Sud. Découvrez comment l’image des chauves-souris change au cours de leur voyage et à travers les nombreux pays qu’elles visitent chaque année. 
Grâce au Ministère fédéral allemand de l’environnement, de la conservation de la nature et de la sûreté nucléaire, nous sommes fiers d’annoncer le lancement de la nouvelle affiche de l’YOB en quatre langues. Elles sont à double face et combinent l’anglais d’un côté et le français, l’espagnol ou l’allemand de l’autre. L’image du côté anglais est également disponible en carte postale et peut être commandée séparément ou avec un ensemble de 17 images de chauves-souris. 
 
La campagne accueille cinq nouveau partenaires d’Allemagne (Heidelberg Cement), des États-Unis (Northern California Bats et Happy Valley Bats), du Pérou (Programa de Conservación de Murciélagos de Perú (PCMP)) et de l’UNESCO (Décennie des Nations unies pour l'éducation en vue du développement durable) et ensemble nous espérons sensibiliser le grand public afin d’avoir un plus grand impact sur la conservation des chauves-souris. 
Enregistrement en ligne facile et recherche des évènements plus attrayante 
La célébration des chauves-souris suscite de l’intérêt dans le monde entier. Rien que le premier trimestre, plus de 120 commandes de supports de communication de la YOB ont été envoyées à des évènements, des programmes éducatifs, des festivals et des promoteurs. Par ailleurs, des évènements sont continuellement enregistrés grâce à notre nouveau système d’enregistrement en ligne. Ils sont désormais présentés sur notre site Internet d’une manière plus attrayante et la recherche en est rendu plus facile. Vous pouvez faire la recherche par région, type d’évènement ou date afin de trouver un évènement près de chez vous sur la carte intégrée. Avec un peu de chance, cela augmentera la participation aux évènements et les organisateurs peuvent se servir de notre site Internet pour toucher une plus large audience. 
 
 
Une touche personnelle 
Afin d’encourager davantage de personnes à l’aide aux chauves-souris, partagez avec nous votre histoire unique avec ces animaux. Nous souhaiterions publier les expériences personnelles de nos lecteurs avec les chauves-souris dans la région que nous ciblons, que ce soit un évènement auquel vous avez participé, une chauve-souris que vous avez sauvé ou la visite d’une grotte de chauves-souris. Envoyez votre texte de 100 mots maximum à yearofthebat@cms.int. La prochaine région sera Asie/Pacifique. Nous avons hâte de recevoir vos histoires ! 

Les chauves-souris : des alliés essentiels en Amérique Latine 

L’un des animaux les moins connus de la planète est peut-être également l’un des plus menacés : la chauve-souris. Pourtant, c’est l’un des animaux les plus importants pour maintenir la vie dans les écosystèmes. Des préjugés sur ce que sont et ne sont pas les chauves-souris ont entraîné une propagande négative et l’extermination de ces dernières, réduisant drastiquement leurs populations jusqu’à la limite de l’extinction. 
 
Les chauves-souris ne sont peut-être pas aussi charismatiques que les pandas, les dauphins ou les primates, mais elles sont tout aussi importantes. Au cours de l’Année de la chauve-souris, toutes les institutions locales et régionales s’efforcent de véhiculer le bon message : les chauves-souris, contrairement à ce qu’affirment certains mythes et légendes, ne sont pas aveugles ; ce ne sont ni des souris avec des ailes, ni des insectes, ni des oiseaux. Ce sont des mammifères volants. Et, comme toute autre espèce, les chauves-souris peuvent occasionnellement être porteuses de maladies, mais les chances de rencontrer une chauve-souris malade dans la nature sont très minces. Les chauves-souris ne s’enchevêtrent certainement PAS dans les cheveux des personnes (grâce à leur système de radar, elles peuvent détecter n’importe quel objet et éviter les collisions). 
Les chauves-souris font partie du deuxième plus grand ordre de mammifères au monde, juste après les rongeurs, avec plus de 1250 espèces enregistrées. Selon l’UICN, 176 d’entre elles sont menacées d’extinction. Malgré les croyances populaires, seul un tout petit nombre d’espèces (3 sur plus de 1200) se nourrissent de sang. La majorité se nourrit d’insectes, de fruits, de nectar et certains mangent des petits vertébrés. 
 
Il existe plus de 800 espèces de plantes en Amérique Latine qui dépendent des espèces de chauves-souris frugivores et nectarivores ; beaucoup de ces plantes sont importantes économiquement pour les hommes. Les chauves-souris sont essentielles à l’économie forestière car elles contribuent à polliniser des plantes telles que le ceibo, le balsa ou l’agave, duquel la tequila est extraite. Une chauve-souris insectivore mange entre 600 et 1200 insectes par nuit, tuant des moustiques porteurs de maladies (fièvre jaune, dengue) ou des parasites agricoles. Dans certaines régions, elles peuvent faire économiser jusqu’à deux millions de dollars en frais de pesticide. Par ailleurs, les chauves-souris qui se nourrissent de sang fournissent des enzymes grâce à leur salive qui contribuent à la production de médicaments, tels que les anticoagulants et autres médicaments pour le traitement des maladies cardiaques.  
 
Grâce aux efforts combinés de 15 pays de la région, le Réseau latino-américain pour la conservation des chauves-souris (RELCOM) a été créé en 2007. RELCOM pense que les hommes et les chauves-souris peuvent vivre en harmonie et sa principale mission est de garantir la survie d’espèces en bonne santé et de populations viables de chauves-souris en Amérique Latine et dans les Caraïbes, et de s’assurer que leur importance soit reconnue et appréciée dans tous les pays. Les chauves-souris de la région sont des alliés essentiels : elles aident à maintenir un écosystème sain et rendent également des services à l’économie et aux êtres humains. C’est notre devoir de les comprendre et de les protéger ! 
Phyllonycteris © Carlos Mancini 
Vous pouvez trouver de plus amples renseignements sur le site Internet du Réseau latino-américain pour la conservation des chauves-souris : http://www.relcomlatinoamerica.net/ 
 
 
Auteur : Dr. Luis F. Aguirre 
Chercheur, Centre pour la biodiversité et la génétique, Université de San Simon 
Coordinateur du Programme pour la conservation des chauves-souris en Bolivie (PCMB) 
Coordinateur du Réseau latino-américain pour la conservation des chauves-souris (RELCOM) 

Célébration des chauves-souris au Mexique 

Les chauves-souris vivent dans tous les continents et écosystèmes du monde, à l’exception des pôles. Elles se nourrissent de toutes sortes de nourriture disponible dans leur écosystème. Les trois quarts des espèces se nourrissent d’insectes. Ainsi, les chauves-souris sont les alliées des hommes car elles aident à lutter contre les moustiques et autres parasites qui affectent l’agriculture. Plus de 30 millions de molosses du Brésil vivent dans les États frontaliers du nord du Mexique, chaque million tuant 10 tonnes d’insectes par nuit. 
 
Sans ces populations de chauves-souris, les cultures seraient gravement endommagées. Les agriculteurs mexicains bénéficient tous de ce contrôle biologique. S’ils n’étaient pas consommés par les chauves-souris, ces insectes s’attaqueraient aux cultures de maïs, de coton, de haricots, de tomates, de soja et de piment rouge. À Campeche, une grotte connue sous le nom d’el Volcán (le volcan) abrite des centaines de milliers de chauves-souris insectivores qui en émergent comme la lave lors d’une éruption. 
 
Les insecticides ne peuvent pas être considérés comme une réelle alternative aux chauves-souris car les insectes deviennent plus résistants à chaque utilisation de produits agrochimiques. En outre, ces substances contaminent l’environnement et les produits agricoles et peuvent même être dangereux pour la santé. 
 
Le rôle des chauves-souris est vital afin de maintenir l’équilibre des écosystèmes dont nous dépendons. Les chauves-souris offrent également des bénéfices directs qui améliorent notre qualité de vie quotidienne. Une étude menée par l’Ambassadeur de l’Année de la chauve-souris, Rodrigo A. Medellín, professeur à l’Institut d’écologie de l’Université Nationale Autonome du Mexique (UNAM), et son équipe, montrent que les chauves-souris favorisent la régénération des forêts au Mexique en répandant des graines de plantes pionnières, qui initient le processus de rétablissement après une déforestation. 
De nombreux fruits poussant au Mexique, tels que la sapote, la sapotille, la goyave et la pitaya, dépendent des chauves-souris pour la dispersion de leurs graines. Le cactus colonnaire, si typique des déserts mexicains, disparaîtrait de ses paysages historiques si les chauves-souris ne pollinisaient pas les fleurs, assurant ainsi leur reproduction. Les agaves sont très importants économiquement au Mexique car ils fournissent la tequila, des feuilles pour la cuisine, des fibres pour faire des cordes et les vers du maguey, une variété de chenilles comestibles qui infestent de nombreux plants de maguey. Leurs fleurs ne sont accessibles que la nuit pour les chauves-souris, qui se nourrissent de leur nectar. Ainsi, elles se recouvrent de pollen, qu’elles transportent ensuite vers d’autres fleurs. D’autres plantes dépendent également des chauves-souris pour leur pollinisation, telles que l’arbre corail commun et l’œillet de poète. D’une certaine manière, les chauves-souris jouent le même rôle que les colibris ou les abeilles. 
Monophyllus vs Guira © Carlos Mancini 
Seules trois des plus de 1200 espèces de chauves-souris se nourrissent de sang. Les soi-disant chauves-souris vampires vivaient autrefois dans les forêts tropicales d’Amérique et se nourrissaient des animaux sauvages. Avec la destruction des forêts tropicales, qui furent transformées en pâturages pour le bétail, le seul moyen de survivre pour ces chauves-souris fut de se tourner vers le bétail pour se nourrir. 
Une colonie des vampires © Marco Tschapka, Ulm University, PCMB Archive 
Malgré tous ces avantages évidents, les chauves-souris continuent d’avoir mauvaise réputation, ce qui est totalement injustifiée. Certaines espèces de chauves-souris sont menacées d’extinction à cause de la destruction de leurs habitats et leur extermination par les hommes. Pendant des décennies, on pensait la petite chauve-souris à tête plate Myotis planiceps éteinte. En 2004, l’équipe de Rodigro Medellín l’a découverte à Coahuila et Nuevo Leon. Un programme de recherche visant à restaurer les populations a pour objectif à long terme le rétablissement de cette espèce. 
 
 
L’équipe de l’UNAM a décidé de contribuer à l’éducation du grand public concernant le rôle vital des chauves-souris dans les écosystèmes et de sensibiliser les populations à la nécessité de les conserver. Parmi les nombreuses activités l’on peut citer la publication de résultats de recherches et de faits concernant les chauves-souris dans l’édition de février du magazine ¿cómo ves? , publié par l’UNAM. C’est un magazine très populaire qui vise un jeune public âgé de 15 à 25 ans. 
Une semaine de la chauve-souris et des pollinisateurs s’est tenue du 13 au 16 février à l’École des sciences de l’UNAM. Elle a attiré près de 50 visiteurs qui ont participé activement à l’évènement et environ 500 qui se sont arrêtés pour lire des informations sur les chauves-souris. L’objectif de l’évènement était de sensibiliser le public à l’importance des chauves-souris et des pollinisateurs pour notre survie. Comme c’est l’Année de la chauve-souris, l’équipe de l’UNAM a tout particulièrement tenu a informer les gens sur les chauves-souris. La semaine de la chauve-souris et des pollinisateurs était structurée autour de trois types d’activités : 
Des chercheurs ont donné des conférences sur les chauves-souris en biologie et en culture. 
Lors d’ateliers, les étudiants étaient encouragés à réfléchir aux chauves-souris et aux pollinisateurs tout en participant à une expérience inoubliable. 
Les étudiants se sont servis d’affiches et de panneaux d’exposition afin d’expliquer à un public intéressé leur recherche scientifique sur la biologie de ces animaux. 
 
Extrait de ¿cómo ves?, Dirección General de Divulgación de la Ciencia, UNAM 
http://www.comoves.unam.mx/ 
 

Le syndrome du museau blanc menace des décennies de conservation de chauves-souris en Amérique du Nord 

Les chauves-souris en hibernant en Amérique du Nord n’ont jamais fait face à une menace aussi importante que le syndrome du museau blanc. Pendant des décennies, les écologistes se sont efforcés de protéger les colonies de chauves-souris des perturbations, de la destruction de leurs habitats, du vandalisme et de la pollution. Les grottes d’hibernation et de maternité cruciales ont été clôturées afin de restreindre l’accès humain ; davantage d’arbres morts sont préservés dans les forêts exploitées afin qu’il y ait plus de perchoirs l’été ; les agriculteurs et les propriétaires réduisent l’utilisation de pesticides et installent des boîtes à chauves-souris pour les attirer et mener ainsi une lutte antiparasitaire naturelle ; et les bénéfices des chauves-souris sont régulièrement présentés dans les écoles à travers le continent. Ces efforts commencent à payer : le statut des populations de chauves-souris de l’Indiana et de chauves-souris grises, longtemps menacées d’extinction, s’est tellement amélioré qu’un déclassement a été évoqué. La conservation des chauves-souris en Amérique du Nord allait dans la bonne direction, jusqu’à l’arrivée du syndrome du museau blanc (SMB) en 2006. 

Image http://www.fws.gov/whitenosesyndrome/images/WhiteNoseSyndrome07.jpg 
Le SMB est une maladie dévastatrice qui touche les chauves-souris en hibernation. Elle est causée par le champignon Geomyces destructans, qui a décimé des populations de chauves-souris à travers une grande partie de l’Amérique du Nord. La maladie est nommée d’après le champignon blanc aimant le froid qui colonise la peau des chauves-souris, érode l’épiderme et envahit le tissu conjonctif sous-jacent. 
Il est pour l’instant difficile d’expliquer comment la maladie tue les chauves-souris, mais des études suggèrent que le SMB entraînerait une diminution rapide des réserves de graisses et perturberait également des fonctions physiologiques critiques pendant l’hibernation. Par ailleurs, les chauves-souris infectées sortent souvent trop tôt d’hibernation et on peut les apercevoir dans le ciel en plein milieu de l’hiver, où elles meurent de froid ou de faim. Ce champignon est présent en Europe mais ne cause pas de mortalité de masse. En Amérique du Nord, le SMB a entrainé le déclin significatif d’au moins six espèces de chauves-souris vespertilionidés. Un rapport récent indique un déclin global de 88 pour cent chez les chauves-souris dans 42 sites compris dans une région de cinq États dans le nord-est des États-Unis. Des études de modélisation prévoient que, si le déclin se poursuit, des espèces qui étaient autrefois communes, comme la Myotis lucifugus, pourraient s’éteindre au niveau régional dans moins de 20 ans. Le Service de la faune aquatique et terrestre des États-Unis estime que plus de 5,5 millions de chauves-souris ont déjà été tuées par le SMB. Fait encore plus effrayant, plus de la moitié des 47 espèces de chauves-souris d’Amérique du Nord hibernent dans des grottes ou des mines et sont susceptibles d’être affectées par cette maladie virulente qui se propage rapidement. 
Pendant ce temps-là, le secteur de l’agriculture bénéficie d’importants avantages économiques grâce aux chauves-souris insectivores. Une étude récente a conclu que, grâce aux chauves-souris, les agriculteurs américains économisaient plus de 3,7 milliards de dollars par an du fait de la réduction des dommages causés par les insectes et de leurs besoins réduits en pesticides. Au rythme actuel ahurissant, la perte des populations de chauves-souris aura très certainement de forts impacts à la fois économiques et écologiques en Amérique du Nord. La plupart des espèces touchées par le SMB ont un taux de reproduction lent, généralement seulement un bébé par an. Ces populations ne retrouveront sûrement pas leur niveau d’avant le SMB de notre vivant, voire jamais. Nous espérons ralentir la propagation de cette maladie et aider les chauves-souris à y survivre en poursuivant les options de traitements et de contrôle, ainsi qu’en protégeant les colonies et habitats existants d’autres menaces. 
 
Le syndrome du museau blanc représente un grand danger mais est loin d’être la seule difficulté de conservation à laquelle les chauves-souris sont confrontées dans le monde entier. J’encourage tout le monde à trouver et mener au moins une action en faveur des chauves-souris cette année. Faisons de cette Année de la chauve-souris un succès à la fois pour les chauves-souris d’Amérique du Nord qui font face au SMB et pour les autres en danger de par le monde. 
 
Retrouvez les dernières informations et cartes sur le SMB sur le site www.batcon.org 
Mylea Bayless, Directrice des programmes de conservation, Bat Conservation International 

Lecture recommandée 

Célébrez la conservation des chauves-souris! 
 
Visitez le site officiel de l'Année de la chauve-souris, suivez l’Année de la chauve-souris sur Facebook ou envoyez un courriel à : yearofthebat@cms.int 
 
Engagez-vous aussi pour l'Année de la chauve-souris et aidez-nous à maintenir nos précieux écosystèmes. 
 
Nous espérons que vous avez apprécié la lecture du Chat de l’Année de la chauve-souris et nous réjouissons de vos histoires personnelles de chauve-souris. 
Meilleurs vœux et à la prochaine. 
L' équipe de l’Année de la chauve-souris 
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